Childlike purity ~ Mon Exutoire

Des tranches de vie fraîchement sélectionnées. Une passion pour l'écriture, des réflexions sur le monde, et des introspections.

31 octobre 2009

Et le Blogger Award est décerné à...

Mart_03_by_hellwoman

Et voilà un petit billet que je suis fière de pouvoir écrire en cette fin de semaine, peu avant la fête d'Halloween pour laquelle je n'ai absolument rien prévu. Comme toutes les années, mon lotissement sera calme puisque les enfants ont grandi, et par conséquent, personne n'aura la bonne/mauvaise idée de venir sonner à notre porte pour réclamer des bonbons que nous n'avons pas, puisque nous n'aimons pas en manger à la maison. Même moi, je ne raffole pas de ces friandises au goût acidulé. Quoiqu'il en soit, je ne comptais pas écrire cet article pour m'épancher sur mes préférences alimentaires mais plutôt pour remercier chaleureusement Kléo de m'avoir attribué un Creative Blogger Award. Cependant, ce don marchant comme un tag, je dois donc vous révéler sept de mes petits secrets, et par la suite, je décernerai mes Awards à sept blogs que je convie à faire poursuivre la chaîne si ça les tente, ou à la briser si ils n'ont pas envie de se mettre à nu dans cette confidence bloggesque. Quoiqu'il en soit, sachez que si vous ne donnez pas suite à cette chaîne, je ne vous promets pas cent ans de malheur ainsi qu'une vie amoureuse très laconique, qui vous fera plonger dans la dépression, vous donnant envie de vous défenestrer telle Amélie Nothomb dans Stupeur et tremblements. Bref passons. Je commence :

1er secret :
J'ai une peur affreuse des chiens qu'ils soient petits ou gros. Je ne supporte pas leurs aboiements et encore moins de les voir remuer la queue sous prétexte qu'ils ont envie d'un câlin ou de me sauter dessus. Je crois que j'ai été traumatisée par le chien très méchant et mal dressé d'une femme qui habitait dans l'ancienne résidence où nous vivions lorsque j'étais encore à Toulon. Je crois que depuis le jour où j'ai vu sa gueule toute baveuse, je n'ai jamais éprouvé le besoin d'avoir un chien. De toute façon, je n'aime pas avoir d'animaux car le peu que j'en ai eu, j'en ai souffert quand ils ce sont fait rappelés auprès de leur Dieu. Mine de rien, on s'y attache et je ne tiens pas à revivre cela. Et puis je considère que la majeure partie d'entre eux devraient être rendus à leurs habitats naturels.

2ème secret :
Comme beaucoup doivent le savoir si ils me lisent depuis un moment, j'ai la phobie des vomissements, je suis donc émétophobe. Cette chose s'est immiscée en moi dès la première fois où j'ai été atteinte d'une puissante indigestion que j'ai dû gérer toute seule, alors que ma mère était occupée à autre chose que de répondre présente pendant que je vomissais toutes mes tripes. J'étais jeune à l'époque, et cet évènement s'est passé dans de si mauvaises conditions, que je me suis jurée de tout faire pour que ça arrive le moins possible dans ma vie. Cependant, vouloir esquiver à tout prix les vomissements, implique que je me rende malade toute seule et au moindre mal de ventre, je m'imagine que je vais être prise de vomissements. De ce fait, je réduis scrupuleusement la quantité de nourriture qui se trouve dans mon assiette, afin d'être sûre d'avoir à régurgiter le moins de choses possibles si jamais je viens à être réellement malade. D'autre part, en période de stress, cette phobie a tendance à me ronger littéralement puisque du temps où j'étais extrêmement mal dans ma peau et excédée par le lycée dans lequel j'étais, j'ai perdu plus de cinq kilos, atterrissant à presque 35 kilos pour 1m53. Autant dire que mes parents ont vu rouge, et je me souviens que passé un temps, il se demandaient si je n'étais vraiment pas en train de sombrer dans un trouble du comportement alimentaire. Mais comme mon entourage ainsi que mes conditions de vie ne me prédestinent pas à être malade, sans compter que je ne suis pas avide de maigreur morbide, il m'a juste fallu changer de lycée pour que ça aille mieux. Quand je dis que je suis atteinte de cette phobie, personne ne me prend au sérieux parce que tout le monde sait que vomir, ce n'est pas grave. Mais rien que d'entendre quelqu'un avoir des haut-le-coeur, me donne envie de me recroqueviller sur moi-même. J'ai appris à prendre sur moi depuis le temps, mais quand on le vit, on se rend compte que c'est handicapant. 

3ème secret :
Avant de découvrir ma passion pour l'écriture, mes personnages étaient déjà vivants dans mon esprit, en train de grandir. Au début, ils avaient des apparences pour le moins inhumaines, à croire qu'au fur et à mesure que j'ai exercé mon imagination, ils ont pu prendre une forme définitive que je retrouve à chaque fois que je me replie dans mon petit monde. Le premier personnage qui est né, c'est tout simplement moi-même car par pur égocentrisme, je souhaitais me créer un caractère que j'incarnerais, et qui me permettrais d'être proche des autres d'une certaine manière : un intermédiaire entre le réel et l'irréel en fait. Cependant, si cette demoiselle à la chevelure dorée me ressemble sur certains points, elle est aussi celle qui contient tous mes démons, ainsi que tous mes fantasmes. Quand bien même si je n'en ai pas des tonnes, elle est un peu ce frein qui me permet de ne pas les assouvir sans réfléchir, au risque d'être déçue. Elle représente mon alter-ego en quelque sorte, et elle a été celle qui m'a toujours inspirée pour écrire.

4ème secret :
Je suis née la même date que Victor Hugo à quelques siècles près, soit le 26 février 1992 pour moi et le 26 février 1802 pour lui, si je ne me trompe pas depuis plusieurs années. Depuis que j'ai appris cela, je me suis intéressée à cet auteur et j'ai pleuré en lisant les Misérables, notamment lorsque Jean Valjean succombe. Maintenant, je peux oser dire qu'il s'agit d'un des écrivains qui aura réellement éveillé quelque chose en moi, tout en ravivant mon envie d'écrire pour véhiculer des idées très diverses.

5ème secret :
Quand j'étais petite, je croyais que j'étais une magicienne capable d'annihiler tous les maux du monde pour faire en sorte que ce dernier soit baigné dans la paix et dans la sérénité. Pour cela, avec une copine, on se confectionnait des amulettes protectrices ou d'autres débilités de ce style avec des perles, même qu'on les emmenait ensuite avec nous à l'école en imaginant que les démons, c'était les professeurs. Quand j'y repense, j'ai envie de rire mais bon, à cette époque là, l'imagination est très fertile et puis on est habité par des idéaux tous plus utopistes les uns que les autres. Cependant, si certains sont toujours attirés par les beaux ténébreux qui veulent conquérir l'Univers, moi j'ai toujours eu un faible pour les ingénus naïfs, tout de blanc vêtus, qui cherchent à guérir notre Terre de ses blessures. Le délire de la magicienne élue par les Anges pour sauver le monde, m'est quand même resté très longtemps, d'autant plus que j'étais vraiment convaincue du fait que grâce à moi, tout prendrait un tournant positif. Faut croire que mon nombrilisme était extrêmement poussé.

6ème secret :
Toujours dans les lubies paranormales, l'espace de quelques années, j'étais persuadée que trois de mes poupées que j'ai nommé Zoé, Kimberley et Charline, étaient munies d'une âme et que grâce à ça, elles pouvaient communiquer avec moi par télépathie. Le pire dans tout ça, c'est que j'ai fini par y croire mais comme d'un rien, cette croyance s'est envolée, au même titre que celle pour les Anges qui bien que plus véridique quand j'y pense, n'en reste pas moins fantaisiste. Je me souviens que j'avais attribué à Kim une personnalité sereine et pimpante, tandis que Zoé était une demoiselle espiègle et lunatique, et Charline la conscience de ses deux soeurs incorrigibles.

7ème secret :
Ce blog sur lequel je suis en train de vous écrire, est un secret à lui tout seul, entre vous et moi.

Et donc je décerne mes Awards à sept autres blogs qui, si ils le souhaitent, peuvent eux aussi faire part de sept secrets à leurs lecteurs adorés. Quand bien même si deux prix lui ont déjà été donnés, je tiens à en offrir un à Kléo pour son blog très riche dans lequel j'aime vadrouiller et laisser des commentaires, elle l'aura remarqué. Le second blog que je désigne est celui de Mick, que j'apprécie pour ses capacités littéraires qui m'ont permis de l'adorer autant par ses écrits que par notre correspondance qui, je l'espère, reprendra bientôt du poil de la bête. J'assure que Charlotte&Lewis ont construit à eux tous seuls, un énième recueil littéraire que j'aime beaucoup. Même si je suis plus discrète sur celui-ci du point de vue de mes commentaires, je viens souvent m'y égarer. Ensuite, la Maîtresse de Sous l'Oranger, le Labo de Loula, Le sucre glace de Kobato et les tribulations de Zeste sont tant de contrées où j'aime m'inviter que ce soit en silence ou en commentant. Je tiens à dire que les résultats étaient très prévisibles, dit-elle en fixant sa colonne de liens, mais bon hein. J'aurais joué le jeu !

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24 octobre 2009

Welcome to the show

supergirl_by_curlytops

Hier soir a été un moment privilégié pour l'art qui a pu s'exprimer librement au rythme de textes philosophiques lus par quelques uns de mes camarades de classe devant toute une assemblée, et à travers la musique que Gilliane et moi avons véhiculée à l'aide de nos flûtes traversières et d'une trompette dont elle a commencé l'apprentissage il y a un an de cela. Ce dîner dont les mets traditionnels hongrois ont été, comme vous vous en doutez, un avant-goût de ce qui nous attend pour notre périple, semblent avoir été appréciés par mes parents et par les convives qui se sont donc faits bichonner par les élèves du bac hôtelier de notre lycée. Quand je suis arrivée sur place en compagnie de mes géniteurs, je me suis tout d'abord inquiétée de savoir où se trouvait exactement le petit restaurant qui servait de territoire d'expérimentations pour les bacheliers professionnels. Au final, il fallait juste suivre les quelques lumières qui nous auront guidés au bout du chemin, jusqu'à un coin douillet où la nourriture sentait à plein nez et aura suscité les ronronnements furieux et expressifs de mon estomac. Cependant, je n'étais pas venue dans l'optique de me remplir le bide jusqu'à le faire exploser, parce que j'avais une mission. Mon professeur de philosophie, organisateur de notre voyage, m'aura chargée d'animer cette agréable soirée avec des morceaux qui ne duraient pas plus de trois minutes et qui, à mon sens, devaient être joués de façon potable. Je me souviens avoir accepté cette responsabilité en boudant un peu car tout était de la faute de Camille, qui s'était empressée de dire que je faisais de la musique. Etant donné que je ne suis pas très friande des discussions qui se déroulent derrière mon dos, je lui en ai un peu voulu, mais quand je fais le bilan de cette soirée, je me dis que ne pas avoir laissé tomber a été la meilleure chose que j'aie pu faire, puisque ça m'a fait le plus grand bien. Lorsque mes parents et moi avons pénétré dans le lieu des festivités, nous avons été accueillis par les jeunes gens qui allaient nous servir, et qui n'étaient que des élèves très prochainement insérés dans la vie professionnelle si ils parviennent à obtenir leurs examens. Tous tirés à quatre épingles, on sentait qu'ils étaient sur leur terrain et qu'en dépit du noeud qui devait être en train de se former dans leurs ventres, ils savaient être adroits et organiser leur repas dans les règles de l'art. J'ai dû attendre quelques minutes avant de pouvoir apercevoir Angelina et lui faire part de mes premières impressions sur la soirée. Je lui ai avoué mon manque de motivation car je sortais d'un cours de musique qui, je dois le dire, a été assez laborieux. Ma façon de jouer est en train d'évoluer, et il y a énormément de détails techniques que je dois prendre en main, et je ne vais pas vous cacher que c'est une périlleuse aventure, que de comprendre les mécanismes de son corps, afin de les employer au profit de son art. Mais je commence à saisir certaines choses, et je sens les progrès au même titre que Julien qui m'encourage à ne pas baisser les bras, et surtout à me maîtriser quand bien même si ne pas réussir du premier coup peut devenir frustrant. Pour me pousser à ne pas tout plaquer, il m'a aussi prêté un ouvrage sur la respiration. C'est un traité méthodique de pédagogie instrumentale, qui s'applique autant pour le chant que pour tous les autres instruments à vent. Il m'a conseillé de me concentrer sur certains chapitres, m'avouant son scepticisme quant à d'autres théories avancées par l'auteur de cet ouvrage. Je l'ai donc chaleureusement remercié, suite à ses conseils qui étaient de prendre le temps de travailler, sans me presser, sans que ce ne soit dans l'urgence. J'ai acquiescé, et je suis donc retournée auprès de ma mère qui m'attendait dans la voiture.

Une heure plus tard, j'étais donc au sein de mon lycée, dans une petite salle qui était consacrée aux répétitions que nous avons faites, Gilliane et moi, avant d'entrer en action. Je me suis fait mon petit coin, ai installé toutes mes affaires en étalant sur une table les partitions que j'utiliserais pour attirer l'attention du public, sur les prochaines animations à venir tout au long du repas. Je n'étais pas spécialement stressée, juste un peu paresseuse parce que le souffle des vacances souhaitait m'emporter. Mais je ne me suis pas laissée abattre par cet accès de flegme et suis partie dans l'idée de jouer pour le plaisir, quand bien même si je me trompais. Il ne s'agissait pas d'un grand enjeu puisque j'allais me retrouver face à un public relativement âgé mais indulgent, sachant que la majeure partie des convives étaient des relations de mon professeur. J'en ai donc déduit qu'elles ne pouvaient qu'être enchantées d'être présentes. Cela m'a confortée dans l'idée qu'il était tout à fait inutile de se mettre Martel en tête. J'étais enthousiaste, je voulais me donner aux autres après m'être entrainée de mon côté, autant pour mon bon plaisir que pour celui de mes camarades à qui j'ai dévoilé quelques unes de mes capacités sans prétention. Tandis qu'ils se divertissaient avant de prendre en main leur spectacle qui reposait sur les mythes qu'on leur avait demandé de narrer le plus naturellement possible à l'auditoire (dont celui de Prométhée), j'ajoutais un fond musical ce qui m'aura permis de prendre confiance. Les encouragements d'Angie y ont été pour beaucoup, d'autant plus qu'elle a été mon pupitre officiel en attendant de retrouver celui que j'avais installé dans la salle du dîner, au milieu des tables rondes et des serveurs qui prenaient soin de me contourner pour ne pas me contrarier durant mon petit spectacle. Peu après que j'ai joué le premier morceau qui permettait d'introduire l'entrée de mon cher et tendre professeur au sein des festivités, Gilliane était là et je l'ai saluée comme il se doit. Je ne vous ai parlé d'elle que par rapport à ses soucis de famille, mais sachez qu'il s'agit d'une demoiselle sacrément passionnée et bosseuse, mais qui a tendance à trop s'oublier par rapport au jugement d'autrui. Je veux dire par là qu'elle n'est pas assez égoïste, car je pense que pour pouvoir offrir aux autres, il faut d'abord être fier de ce que l'on souhaite soumettre à son public. Or, elle fait passer tout le reste avant elle, ce qui fait qu'elle ne se maîtrise pas ou mal, et qu'elle perd ses moyens lorsqu'elle doit faire preuve de savoir-faire.
Les autres élèves présents étaient Johanna, Frédérique, Pauline, Léa ainsi que les humoristiques et phénoménaux Antoine et Baptiste qui n'ont pas arrêté de faire les zouaves en dehors du numéro qu'ils devaient faire. En tout cas, ils ont relativement détendu l'atmosphère, et les quelques gâteaux qui nous ont été amenés pour nous rassasier ont aussi fait leur petit effet, ce qui n'était pas plus mal. Gilliane et moi n'avons pas réellement profité de ces derniers. Nous nous sommes enfermées dans notre bulle, ce que j'ai trouvé très agréable. Quand je l'ai vu jouer, j'étais tout simplement émerveillée. Après tout, elle a cinq ans de flûte traversière derrière elle, et on sent l'expérience et l'épanouissement quand elle joue. Elle a une expressivité très forte, et la dextérité de ses doigts lui permet de nous faire rêver au rythme de valses celtiques, qui nous transportent dans un univers médiéval qu'elle semble énormément apprécier. Il lui colle à la peau, et du point de vue de son apparence, c'est une jeune fille déjà assez décalée, dont les cheveux flamboyants aux mèches foncées lui octroient une allure extravagante. N'oublions pas non plus ses vêtements aux tissus amples, qui quelques fois m'évoquent une demoiselle du voyage qui sillonne des routes longées de toute part par d'éternels champs de blé dorés. Je la vois parfaitement dans ce contexte, hautaine comme elle ne le sera jamais parce qu'elle a trop d'humilité pour cela, confiante parce qu'elle manque inéluctablement de force pour oser se mettre sur un piédestal et dire "Je peux y arriver", deux fois plus passionnée et persévérante que ce qu'elle ne l'est déjà, ce qui en ferait une femme formidable. En  l'entendant jouer Hava Naguila ou la marche slave de Tchaikovski, je me suis faite plaisir. Mes oreilles étaient aussi ravies que lorsque Julien me fait des démonstrations lors des cours qu'il me donne. Et si certains auraient été découragés par de telles performances, moi je me sens attirée par le sommet, parce que je me dis qu'il ne me manque plus grand chose pour arriver à ce stade. Certes, ce n'est pas la perfection comme ils se plaisent à le dire avec modestie, et il est vrai qu'on a toujours à apprendre ! Mais pour moi, leur jeu et l'univers qu'ils véhiculent sont parfaits parce qu'il sont basés sur une authenticité inébranlable. Deux registres différents, qui se distinguent parfaitement. Il y a une atmosphère singulière quand l'un et l'autre joue à part. C'est là qu'on prend conscience de cette magie que possède la musique lorsqu'elle est jouée en direct live, et non uniquement écoutée. Et je ne vais pas nier que je frissonne déjà lorsque je me mets sur radio classique et que j'atterris hasardeusement sur du Beethoven ou sur l'oeuvre d'un tout autre compositeur, sans omettre les nombreuses perles musicales que j'ai découvertes par mes propres moyens et qui ne sont pas forcément de grandes références tels que Armand Amar, Ludovico Einaudi ou bien Eluvium, mais qui en jettent !

Quoiqu'il en soit, en plus du plaisir et de la fantaisie, il y avait aussi une pointe de stress. Je ne l'ai pratiquement pas sentie tout au long de la soirée, si ce ne fut pour le premier morceau qui était un chant traditionnel péruvien. J'adore le jouer, alors je me suis dit que pour faire bonne impression, je devrais l'interpréter et montrer ce que j'ai dans le ventre. Visiblement, ils ont tous été ravis. Le professeur m'a lui-même confié qu'il avait beaucoup aimé et il m'aura ensuite présenté à tous les invités qui m'auront sagement applaudie. Je les ai salués avec politesse et suis retournée dans les coulisses où l'ambiance était à la fête et non au trac comme ça aurait pu être le cas. On passa chacun notre tour. Antoine et Baptiste furent les premiers à nous abandonner après avoir accompli leur rôle comme ils se devaient de le faire. Cependant, nous les filles sommes restées présentes pour que le professeur puisse nous solliciter en cas de problème. Nous avons pris des photos et l'unique mâle qui ne nous ai pas lâché, à savoir Freddie, a passé son temps à prendre des clichés de Pauline qui portait un imperméable rose qui s'agençait joliment avec son costume fort élégant. Gilliane, Angie et moi sommes restées dans la salle, à tourner en rond, à jouer un morceau chacune notre tour avec Angelina pour unique spectatrice. Elle semblait se détendre elle aussi, tandis qu'elle avait pour mission de vendre les billets de la tombola que nous avions organisée pour nous permettre de récolter de l'argent au profit de notre voyage, et des quelques petits bonus que nous ne pouvions ajouter dans le programme qu'avec suffisamment de moyens financiers. Johanna insultait gentiment son petit copain au téléphone et en riait aux éclats, splendide dans sa toge qui respectait l'univers dans lequel nous nous étions imprégnés pour la soirée, à savoir la mythologie grecque, avec ses personnages tous plus fantasques les uns que les autres. Puis, le moment de l'interprétation du dernier morceau que nous avions prévu Gilliane et moi arriva. Figurez-vous que pendant que nous répétions et fouillions mutuellement dans les partitions de l'autre, nous avions remarqué que nous possédions toutes les deux celle de la Sarabande d'Haendel qui donnait bien avec la trompette et la flûte traversière. Nous nous sommes mises à la bosser assidûment, priant pour que notre souffle ne nous lâche pas car nous commencions à fatiguer. Toutes deux sortions de plusieurs heures de musique au sein de notre conservatoire respectif, alors vous pensez bien que ce fut ardu de nous remettre dans le bain et de tenir jusqu'au bout. Gilliane plus particulièrement était complètement lessivée. Sachant que la trompette est un instrument dont le son s'appuie sur la pression des lèvres, elle avait du mal à maintenir cette dernière pour que ses sonorités soient potables et écoutables. Elle s'en voulait de ne pas être au top de ses performances et s'énervait quelques fois. Malheureusement, à force de trop s'en faire ce fut le drame. Tandis que je m'en suis tenue à ce que nous avions dit, bien que mon son sortait très mal pour les notes graves, ma partenaire s'est emmêlée les pinceaux alors qu'elle y arrivait parfaitement dans nos loges personnelles. Elle aura tapé du pied tout en jouant. Sa fureur et sa déception commençaient à exploser et lorsque nous avons terminé notre prestation, elle s'est isolée et aura tout envoyé valser en entrant dans la salle où nous nous réunissions entre élèves. Angie la suivit discrètement et la laissa éclater en sanglots, prenant ensuite le temps de la cajoler et de la réconforter.
" Pourquoi est-ce que ça a foiré juste à ce moment là ? Je rate tout ce que je fais ! J'y arriverai jamais ! Je ne suis pas faite pour la musique !" et autres inepties de cet acabit sortirent de la bouche de Gilliane. C'est à ce moment là que nous avons compris Angie et moi qu'elle s'était mis trop de pression et qu'elle ne l'avait pas supportée. Si elle peut donner l'illusion d'être forte et apte à surmonter toutes les épreuves, il s'avère qu'elle est fragile et qu'elle a besoin d'être valorisée. Ses paroles en ont parfaitement témoigné. Elle se punissait moralement de ne pas avoir triomphé au bon moment, et nous confia sa désolation quant à l'image "pitoyable" qu'elle aura donné selon elle aux personnes qui l'ont vue jouer. Assise sur le sol, elle s'était laissée glisser contre le mur, complètement exaspérée par son incapacité à gérer son être et la discipline qui lui tenait tant à coeur. Mais elle n'était pas seule et surtout, elle n'a jamais été ridicule. Elle gère trois instruments de musique ainsi que sa scolarité parallèlement à ses soucis de famille qui, bien qu'ils ne concernent que le couple de ses géniteurs, n'en restent pas moins douloureux pour elle. On ne peut pas demander à un enfant de rester en dehors des problèmes de ses parents, d'autant plus qu'il est lui-même immergé dans cet univers hostile.
Ainsi agenouillée tout en s'apitoyant sur son sort, elle fut rejointe par Johanna et Frédérique. Johanna lui aura raconté l'une de ses expériences intimement liée à sa passion pour l'équitation. Elle lui aura expliqué qu'elle aussi s'était complètement plantée le jour J lors de sauts d'obstacles pour passer un concours, alors que ses séances d'entraînement se passaient très bien jusqu'à preuve du contraire. Suite à quoi, elle lui aura dit " Tu n'y peux rien, c'est comme ça !". Et c'est vrai qu'elle n'y peut rien. Moi-même, je n'ai pas pu rester indifférente face à sa situation puisque lors de ma première prestation en public, je me suis montrée très déçue et j'en ai pleuré. J'avais honte d'être aussi faible, suite à quoi j'ai pris l'habitude et désormais, je me sens bien sur scène parce que je me sens bien avec le monde, que je ne le maudis plus autant qu'avant. Peut-être que Gilliane a besoin d'aimer son environnement pour être deux fois plus à l'aise dans sa passion ? Ce n'est pas toujours facile de se sentir comme un poisson dans l'eau au sein de chaque ambiance, mais de là à prétendre qu'on ne peut pas y arriver, c'est faux. Personnellement, du peu que je connais cette talentueuse demoiselle, je sais qu'elle a vraiment quelque chose dans le ventre. Cependant, cette chose ne sort pas quand il faut, et je comprends qu'elle ai la haine contre ça. En tout cas, je me suis montrée très fière de ma classe de Terminale, car autant Léa que Johanna ont fait preuve de compassion tout en narrant leurs propres expériences. Elles aussi ont connu des ratages dans le domaine artistique, et ce partage de hontes et de tristesse me semble-t-il, a vraiment fait du bien à Gilliane. Elle aura souri et se sera relevée, en particulier quand l'enseignant des bacheliers hôtelier, lui aussi tiré à quatre épingles, sera venu vers elle avec son accent du midi en lui disant :
" Ne t'en fais pas, t'es pas la seule à ne pas être fière de toi. Nous aussi on a fait des erreurs. En cuisine on s'est planté aussi mais c'est pas pour autant qu'on se fait du mal. Et si tu veux faire tes preuves, il y aura d'autres dîners. On t'appellera et tu joueras si ça te tient vraiment à coeur. "
L'autre organisateur du voyage en Hongrie, un professeur d'histoire et de géographie, assura à Gilliane qu'il y aurait d'autres soirées et que comme dit par l'homme à l'accent du midi, elle pourrait profiter de ces occasions pour faire plaisir aux autres, si elle ne souhaite pas laisser son auditoire sur sa faim. Bref, que de gentilles personnes qui restèrent autour d'elles, jusqu'à temps qu'elle ne cesse de s'autoflageller. Et ce fut sur cette note plus ou moins encourageante qu'elle aura fini cette soirée. Quant à moi qui ai ensuite faussé compagnie à mes camarades, j'ai enfin rejoint mes parents que j'avais abandonné tout au long de la fête pour me consacrer à ma mission et me suis assise à leur table, où se trouvait aussi mon professeur de philosophie. Nous avons discuté un peu et nous sommes rentrés à la maison, le coeur et l'esprit léger. Personnellement, j'ai gardé un joli souvenir de cette soirée tout de même mémorable, avec les éclats de rire de Johanna, les blagues à deux sous d'Antoine et de Baptiste, mais aussi l'enthousiasme et les prises d'initiatives de Pauline, accompagnée de l'excentricité de Freddie, de la prestance de Léa, de la sagesse d'Angelina et de la persévérance de Gilliane. 

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21 octobre 2009

Les joies de la vie en communauté

Mysterious_by_LonelyPierot

C'est un mercredi pluvieux qui annonce l'installation définitive de l'automne et accessoirement de l'hiver sur la côte d'Azur. Lorsque j'ai regardé la météo, j'ai remarqué que nous devions être l'une des rares régions à être touchée de plein fouet par des averses ainsi qu'un souffle de zéphyr qui ne lésine pas dans sa force, quand il rencontre les racines des pauvres arbres secoués de gauche à droite. Je ne suis pas spécialement déprimée par ces conditions météorologiques alors que habituellement, je me montre contrariée par ces détails qui sont nécessaires à mes yeux, pour mener une vie plus ou moins rayonnante. Le soleil est une source d'énergie dans tous les sens du terme, car quand bien même si quelques malheurs viennent s'introduire dans la mécanique de la routine et en bloque les engrenages, je peux vous assurer que l'astre doré me fait un bien fou quand il me trempe dans sa lumière bienfaisante. Je m'y baigne sans pudeur, me vouant à cette luminosité presque divine que je viens à vénérer parce que c'est elle qui vient apporter la puissance suffisante à mon coeur, pour lui permettre de ne pas céder face aux épreuves que le destin peut lui imposer. Cela dit, je ne crois pas au destin au même titre que mon professeur de philosophie. Si tout était tracé, je pense qu'il ne servirait à rien de se poser des questions sur tout et n'importe quoi. Il est impossible que nos sentiments et chacun de nos actes soient dictés par une force dominatrice, qui nous surplombe tous et qui nous manipule comme des petites marionnettes. Je pense tout simplement que le destin si il existe, ne dépend que de nos agissements, et de la façon dont on fera tourner la situation en imposant notre influence sur le monde qui nous entoure. Comment ? En se bougeant les fesses tout simplement, et en cessant d'être pessimiste en disant qu'on ne peut rien y faire, que c'était notre destin et que ce dernier est incontournable, inéluctable. Je pense que c'est un prétexte, une façon de se rassurer et de se dire qu'on fera mieux pour abattre le prochain obstacle que monsieur Destin nous ordonnera de combattre jusqu'à ce qu'une récompense soit obtenue. Je pense que si on désire réellement quelque chose, il faut venir le chercher par ses propres moyens, en déployant toutes les astuces possibles pour parvenir à nos fins. Si on ne comptait que sur le destin, on n'éprouverait plus aucune fierté à l'idée de l'avoir finalement terrassé de plein fouet, après s'être acharné pour réaliser nos rêves, et donc nous hisser sur un piédestal en or massif, celui de notre succès.

Mais après ceux qui croient dur comme fer au destin, il y a aussi ceux qui s'y croient trop tout simplement et qui essaient toujours de résoudre leurs soucis par le biais du dialogue, alors que quelques fois, il est préférable de s'écraser, même si c'est difficile parce qu'on a une fierté mal placée. Je fais ici allusion à une jeune fille de ma classe, une demoiselle au physique atypique mais qui n'en reste pas moins agréable à regarder. Des yeux étonnamment bleus et somptueux, une chevelure lisse et blonde platine, qui n'est cependant pas au diapason de son intelligence, puisque contrairement à ce qu'elle souhaite faire croire, elle n'est pas qu'une récente adulte sans cervelle, qui agit avant de réfléchir. Mais je crois que je vais me contredire dans les phrases qui suivent en clamant haut et fort qu'elle ne sait pas peser ses mots, et qu'elle sait encore moins ce qu'il est bon de faire ou de ne pas faire selon les circonstances. Je m'explique. Le problème avec cette demoiselle à la langue particulièrement déliée, c'est qu'elle n'accepte pas le fait que dans une société et en particulier dans un lycée, il y ait une sorte de hiérarchie, qui nous oblige en tant qu'élèves à respecter celui qui nous enseigne, et aussi celui qui nous surveille et administre l'établissement. Cependant, cette semaine, cette dragonne qui n'a pas cessé de vomir ses flammes, a voulu briser cette pyramide infernale, qui pèse à certains mais qui me laisse complètement indifférente à partir du moment où je la respecte docilement. Ma camarade de Terminale ne sait pas du tout tenir à sa place. Elle se sent continuellement agressée, traquée par les adultes qui tantôt viennent l'embêter parce qu'elle n'a pas fait valider une absence, tantôt parce qu'elle emploie des mots vulgaires en dehors des salles de cours, et qu'ils ont été surpris par l'oreille avertie de notre charmante professeure de français. Cela s'est passé lundi, tout a commencé dans l'après-midi. Nous nous apprêtions à rentrer dans la salle de littérature pour notre première heure qui ouvrait la seconde partie de notre journée de labeur. Tout le monde était en train de discuter tranquillement dans son coin, quand soudainement la demoiselle en question a sorti un terme qui n'a pas plu à notre enseignante qui allait pour ouvrir sa salle. Elle a brusquement fait volte face, et l'aura radicalement agressée. Chose qu'il ne fallait évidemment pas faire avec l'adolescente que je suis en train de vous décrire. De ce fait, elle s'est automatiquement sentie violenter psychologiquement et surtout injuriée, et aura répondu de la façon la plus abjecte qu'il soit, en disant qu'elle n'avait pas à la traiter comme un chien. Suite à quoi, celle qui enseigne lui aura fait gentiment remarquer qu'elle n'employait pas les bons mots et qu'ils étaient hors contexte puisque la situation n'avait rien à voir, avec le fait que la soi-disant chienne avait été traitée méchamment par son maître. L'éducation d'une mère vis-à-vis de son enfant s'en est mêlée, et celle qui s'est sentie offensée a continué de s'enliser obstinément dans ses inepties, persuadée qu'elle avait raison. Malheureusement pour elle, quand on est tout en bas de l'échelle, on doit se contenter de cautionner tout et n'importe quoi venant des enseignants. Parce que ce sont des adultes, et qu'ils sont convaincus que la raison les habite, à l'inverse des marmômes qui eux, en revanche, ont tout à apprendre et donc rien à répliquer. Mais voilà que la petite langue de vipère a continué de s'acharner sur la Raison, qui a tenté tant bien que mal de préserver son calme, chose qu'elle sera parvenue en fuyant habilement le champ de bataille qu'elle avait tout de même inauguré, avouons-le. La querelle s'est finie sur un "point barre" tout à fait clair et qui aura clôturé cet énième conflit en s'imposant tout simplement par sa fermeté et la conviction qui en émanait.

Mais les duels ne s'arrêtèrent pas là pour la pauvre adolescente blâmée, qui fut ensuite harcelée par la surveillante la plus méprisable de notre lycée, parce qu'elle est d'une futilité qui nous exaspère. Cependant, à mes yeux, elle reste quelqu'un de sensé et qui sait toujours quoi faire quand ça ne va pas, notamment quand Angelina psychosomatise à cause de ses nombreux soucis qui la rendent littéralement malade. Le fait qu'elle paraisse sans cervelle comme se permettent de prétendre certains, n'enlève rien au fait qu'elle est une jeune femme, et non une jeune fille, qui a un rôle à respecter mais qui par contre, n'a pas du tout su rester tranquillement sur sa position. Nous étions en cours de philosophie cette fois, durant le petit moment de pause que le professeur nous accorde, entre les deux heures que nous enchaînons courageusement avant de pouvoir finir notre journée aux alentours de 15h35. Ladite pionne s'est donc pointée à l'embrasure de la porte de notre salle, aura frappé deux coups, et se sera approchée de Sissi (appelons-la ainsi par rapport à son prénom) en l'interpellant, lui sommant de bientôt faire signer son absence qui semble être restée aux oubliettes pendant plusieurs jours. Déjà à cran, mademoiselle l'impératrice se sera empressé de répondre "Oui, ça va c'est bon, j'le sais !" ou une variante de ce style qui n'avait rien de sympathique en soi. Mais la surveillante aura continué son petit manège, la poussant toujours plus loin dans sa colère qui était déjà à un stade très avancé. Une autre dispute a donc éclaté, et ce sera terminée par une violente révélation de la surveillante qui aura osé dire la chose suivante : "Franchement, tu as tout intérêt à rester dans les études le plus longtemps possible, car en entreprise, ton comportement ne sera pas admissible." Bon évidemment, j'ai tourné la chose de façon plus littéraire va-t-on dire mais ça tournait autour de ça. Pour finir, ce fut le prof de philosophie qui éjecta gentiment la pionne agressive, en expliquant ensuite à la principale concernée que malheureusement elle aura toujours tort, et que dans de tels cas, il n'est pas utile d'essayer de parler. A force de s'enliser dans des explications, on se ridiculise, et c'était ce qui venait de se passer. J'ai moi-même assisté à la scène, et je dois dire que d'un côté comme dans l'autre, personne n'a été gagnant, tout le monde s'est couvert d'opprobre. Entre une enseignante de littérature qui nous a en horreur parce qu'on respire la jeunesse et l'inconscience, et une surveillante qui veut trop bien accomplir son rôle à un point tel qu'elle déborde, sans omettre la seule gamine de l'histoire qui n'a toujours pas compris qu'il faut faire profil bas, ce fut inutilement électrique.

Mais ne pensez pas que les joies de la vie en communauté ne se soient arrêtées là en cette joyeuse semaine. Pas plus tard qu'hier, mon grand frère de vingt-trois ans a failli se faire renverser tandis qu'il était en scooter. Alors qu'il rentrait dans notre lotissement pour venir déjeuner avec moi à la maison, l'un des habitants de notre résidence aura plus ou moins percuté son véhicule avec son automobile, et aura failli le faire basculer. Précisons que d'après le témoignage de mon aîné, l'autre arrivait comme un fou furieux, et si une autre voiture avait été mise en cause, mon frère y serait resté à coup sûr. Blanc comme un linge, il nous a expliqué, à maman et moi, qu'il se serait violemment querellé avec ce charmant voisin, qui lui aura dit, je cite "J'en ai rien à foutre de ta gueule. De toute façon, je roule vite, j'assume. Et toi tu conduis comme une merde." Autant dire que c'était d'un raffinement tout à fait succulent. On en mangerait bien tous les jours, surtout quand on est un rat de bibliothèque. D'autre part ce qui m'a tué quand il nous a reporté ça, c'est la mauvaise foi et surtout la débilité profonde caractéristique de ceux qu'on doit côtoyer vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et qui ont l'air de se ficher pas mal de leur prochain. Figurez-vous qu'après l'accident, qui a failli coûter la vie à mon frère, son adorable épouse (ironie encore une fois), a sonné à notre porte en excusant son mari et en sous-entendant qu'il était préférable pour l'un (mon frère) comme pour l'autre, de ne pas cafter, au risque que ce soit justement mon aîné qui paye. En bref, il n'était pas en faute mais à part ça, il devait payer des dommages. Je crois que là, c'était le coup de grâce. Cependant, tout sera rentré dans l'ordre, quand le gros crétin en question aura finalement eu suffisamment d'attributs masculins (pour ne pas dire ce que je pense) de venir jusqu'à mon frère, de lui demander son prénom, et de s'excuser à son égard, trouvant comme raison à sa violence, son habituelle nervosité, critère principal de sa personnalité. De toute façon, qu'il se soit excusé ou non, j'ai du mal à digérer le fait qu'on ai traité mon frangin comme un blaireau, il faut le dire. Il a vu toute sa vie défiler devant lui, et il avait un aspect pour le moins fantomatique lorsqu'il est revenu de sa matinée de travail.

Tout ça pour dire que la vie en société ou en communauté, tout dépend dans quel contexte on se place, est d'une complexité abracadabrante.On ne sait jamais à quel saint se vouer pour ne pas se retrouver avec un poignard entre les omoplates, ou la salive de notre prochain en pleine figure parce qu'on a apparemment commis un crime dont on n'est pas l'auteur. De même que, sont amusants voire hilarants, tous ceux qui répondent à la question "Qu'est-ce que tu n'aimes pas chez les autres", que c'est l'hypocrisie qui les révulse. Je ne veux pas faire l'apologie de ce défaut purement humain, mais je pense que si il n'existait pas et que tout le monde se disait clairement ce qu'il pense, il y aurait de nombreuses guerres qui éclateraient ici et là. Parce que chacun a une fierté ou alors une confiance en soi ou un je ne sais quoi d'indéfinissable, qui fait qu'il n'admettra jamais ses torts, qu'il se pensera toujours plus fort que vous, et que si vous lui nuisez d'une quelconque façon en lui balançant ses quatre vérités par exemple, il ne vous en sera jamais reconnaissant. Il vous attaquera toujours de front. Alors arrêtons de blâmer les hypocrites, car il n'y a justement pas plus hypocrites que ceux qui prétendent ne pas l'être. Moi-même je suis hypocrite sur ce blog, ou avec n'importe qui, en émettant des jugements que je ne me sens pas spécialement obligée d'évoquer devant les autres. Parce que c'est le propre de l'Homme malheureusement, de parler dans le dos de son prochain et de lui faire des courbettes par-devant. Si on prend le commérage, on va dire que c'est une forme atténuée de ce défaut, mais ça peut tout de même aller très loin. Il n'y a pas pire que le bouche à oreille, pour ruiner la réputation de quelqu'un en une semaine maximum. Des fois, il vaut mieux jouer un jeu et exprimer son ressentiment envers des personnes dites de confiance, usant ainsi de l'hypocrisie comme un défouloir, plutôt que de se mettre tout le monde à dos en étant trop franc voire vexant. Mais en fait, quand j'y réfléchis, je me dis qu'il faut trouver un juste milieu. Et puis personne n'est parfait.

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16 octobre 2009

I Believe I can Flyyyy ♪

I_believe_I_can_fly

Petit gribouillis fait récemment. Au fil de la mine.
La phrase n'est qu'un petit délire solitaire. Vous savez ce que c'est l'Ennui !
En tout cas, je suis assez contente de la façon dont je l'ai coloré, quand bien même si ce n'est pas encore parfait ! =) J'ai ajouté deux autres petits dessins dans mon album. Au cas où ça vous intéressait~
Je pense aussi vous écrire un billet incessamment sous peu. Si ce n'est pas ce week-end, ça sera forcément dans le courant de la semaine prochaine si je parviens à convaincre ma mère de ne pas me mordre violemment si je m'approche de trop près d'Olga (mon ordinateur) tandis que nous ne serons pas en week-end.

Bisous magiques à tous en espérant que votre semaine ce sera terminée agréablement. Au moment où je vous écris, je vais bientôt me rendre à mon cours de musique, sans motivation cette fois-ci, car je sais que je n'ai pas pu travailler mes partitions régulièrement et puis il fait froid en ce moment, sans compter que je suis affreusement fatiguée. Petite bonne nouvelle que je me permets de mettre ici parce que je ne m'en suis pas spécialement vantée dans la vraie vie : 17/20 pour ma première dissertation de philosophie avec pour sujet "Toute prise de conscience est-elle libératrice ?". Je suis soulagée, contente, fière de moi. Je vais préparer assidûment la seconde qui nous attend pour ce mardi.

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10 octobre 2009

Les Amours de ma Vie

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Anna Aden (cliquer)

Je vous écris en une fin de semaine ensoleillée qui s'est déroulée dans d'assez bonnes conditions. Pour ne pas passer mon week-end à la maison, au milieu de mes livres et des notes que je suis en train de formuler pour un exposé, je suis un peu sortie pour prendre l'air, mais rien de bien sensationnel. Je me suis enfin trouvé un moment pour écrire ici et pour gribouiller quelques mots sur mes fichiers word, car je dois avouer que ça me manquait atrocement. Je suis de plus en plus frustrée par cet éloignement forcé, et j'en viens à me demander ce que je vais devenir, lorsqu'il faudra que je me bouge une bonne fois pour toute afin de partir à la conquête d'un avenir qui m'appartiendra réellement, et qui ne m'aura pas été dicté par les autres. En ce moment, mon entourage a tendance à exiger toujours plus de moi et ça a tendance à me pousser dans mes retranchements, ce que je ne supporte pas. Depuis le début de cette année scolaire, je me demande tout le temps si je suis capable d'arriver au bout du chemin que je me suis fixée, et cela pour la simple et bonne raison que les gens ont toujours tendance à me comparer à des individus dont je n'ai cure. A croire que je dois être comme eux, alors que je souhaite réussir par mes propres moyens et de la manière qu'il me conviendra le mieux. Alors que ça devrait m'encourager, je suis démoralisée et je me sens surtout dévalorisée, par rapport au fait que tout ce que je fais de bien, on s'empresse de le comparer avec les prouesses d'un autre. Ne peut-on pas me ficher la paix une bonne fois pour toute ? Devrai-je m'enfermer dans ma bulle pour être sûre d'éloigner tous les parasites qui brouillent la piste que je dois suivre scrupuleusement pour parvenir à mes fins ? Je vais bientôt croire que c'est ce que je devrai faire afin de ne plus me prendre la tête pour un oui ou pour un non. C'est tellement exténuant de se dire qu'on est une bonne à rien, sous prétexte que quelques jaloux ou enquiquineurs me rappellent gentiment que d'autres ont fait mieux que moi. J'aimerais leur cracher ma façon de penser à la figure, mais je suis trop faible à mon sens et surtout beaucoup trop lâche pour espérer avoir suffisamment de franchise et de courage pour leur expliquer l'étendue de mon raisonnement. Et puis, j'imagine que mes mots tomberaient dans les oreilles d'un sourd, et ça serait comme si je ne m'étais pas défendue, puisque mes bourreaux continueraient de me traquer sans relâche.

D'autre part, ma mère a encore trouvé le moyen de soulever un sujet qui m'irrite. Nous étions dans la voiture, en train de rentrer chez nous après notre courte sortie du samedi. J'avais les écouteurs de mon I-pod dans les oreilles, et je me laissais tout doucement bercer par les quelques sons que Camille m'aura passé via sa clef USB. Je dodelinais tranquillement de la tête quand un cycliste entra dans le champ de vision de ma mère. Manque de pot pour moi, il s'agissait d'un éphèbe pas plus vieux que moi qui était en train de gesticuler sur son moyen de locomotion avec une hargne qui démontrait parfaitement son savoir-faire dans une telle discipline. Je suis restée indifférente face à sa silhouette qui se musclait activement sous mes yeux, mais mon infante n'a pas pu s'empêcher de déclarer à mon attention que c'était un damoiseau et que par conséquent, il était fort probable qu'il me soit destiné. Evidemment, elle disait ça sur le ton de la plaisanterie, mais il faut savoir que j'ai un esprit fermé lorsque je ne suis pas d'humeur à rire de tout et de rien, et malheureusement pour elle, c'était le cas en cette journée chaude en surface, mais froide dans les profondeurs de mon âme. J'ai préféré me taire en continuant de l'entendre dire qu'il fallait que je connaisse autres choses que mes livres ou bien ma musique, sans oublier ma passion pour l'écriture dont on ne pourra jamais me séparer aussi facilement. Puis le silence. Je me dis qu'elle avait fini par capituler, mais elle a remis une couche lorsque nous sommes arrivés chez nous. Elle a encore une fois glissé un petit sous-entendu m'invitant à me trouver quelqu'un pour que je m'en aille de la maison, quitte à abandonner mes études pour avoir la même existence qu'elle. C'est pas que je trouve sa vie ennuyeuse, mais c'est presque ça, et en tant que fille de femme au foyer, je compatis à la souffrance qu'elle a dû éprouver en renonçant à certaines choses qu'elle aurait préféré accomplir à la place de nous concevoir, mon frère et moi. Cela dit, elle n'est pas non plus obligée de me refourguer le même destin. Je ne veux pas dépendre du mâle dominant, je ne veux pas que mon argent lui appartienne, pour le moment, je ne veux pas de bambin pour abîmer mon joli corps et je veux encore moins m'adonner à des sentiments qui, de toute évidence, me font peur. C'est presque comme un engagement pour moi, quand bien même si lorsqu'on aime, on se sent plus heureux. Mais je pars du principe qu'en aimant de toutes les autres manières, on peut bien se passer de celle-ci en particulier. Toutefois, je ne suis pas insensible puisque par le passé, j'ai déjà eu des amourettes de rien du tout qui auront marqué des minuscules parcelles de mon vécu. Je me revois dans la cour de mon école primaire en train de roucouler avec mon pseudo-prince charmant auquel j'ai été très attachée, mais avec qui ça n'aura pas duré plus d'un an. Vous comprenez, quand on est petit, on ne se cause plus du jour au lendemain parce qu'on est avide de découvrir d'autres personnalités qui seraient plus à même de nous séduire. On est curieux, alors on va voir ailleurs. En ce qui me concerne, je n'avais pas tendance à venir vers les autres extrêmement facilement. Quand j'étais dans un nouveau groupe d'enfants, j'étais généralement exclue parce que je n'osais pas faire le premier pas, je restais dans les coulisses, observant des scènes de rencontre chaleureuse, où des liens se formaient sans que je ne contribue à leur solidification. J'ai appris à me contenter de cet isolement, en divaguant dans mon imaginaire et en finissant par m'inventer des personnages qui m'accompagnent toujours, et qui sont aujourd'hui des adolescents, tout comme moi.

En guise de premier amour, je me souviens de Bruno, un petit garçon aux cheveux et au regard noir. J'ai dû le rencontrer lors de ma dernière année de maternelle. Je me souviens de la façon dont il me protégeait des autres bambins qui essayaient de soulever ma jupe, et puis quand on s'installait dans notre coin à nous, il me disait que plus tard, on se marierait. Toutefois, il y avait toujours une réplique qui me chiffonnait chez lui, c'était lorsqu'il disait vouloir des enfants avec moi. Je crois qu'à cet âge là, j'avais pris conscience du fait que ça peut être contraignant, mais que ça peut aussi être une source de bonheur dans un couple. Cependant, je tiens à préciser que ma vision de l'amour était déjà très négative, à cause des dires de ma mère qui se plaignait souvent de ne pas avoir mené sa vie comme elle l'avait désiré par le passé à cause de son mariage. Du coup, j'étais convaincue du fait que ce sentiment qu'on appelait Amour, n'était qu'un démon qui nous ôtait toute possibilité de liberté. Je le voyais comme un fléau, et c'était certainement pour cette raison que je tournais le dos à mes prétendants qui, pas plus haut que trois pommes, se comptaient par dizaines, sans que je ne veuille réellement me vanter. J'aurais pu leur demander de se mettre devant moi, les uns à côté des autres, après quoi je leur aurais donné un jour de la semaine pour qu'ils puissent me fréquenter sans que je ne les envoie paître. Mais je trouvais ça totalement inutile, j'étais très bien toute seule, et puis il fallait avouer que Bruno m'apportait des bisous baveux sur la joue que j'appréciais pour leur sincérité et leur retenue. Je me souviendrai toujours des étincelles qui brillaient dans ses mirettes lorsqu'il me parlait de ces soi-disant gosses qu'il souhaitait avoir avec moi. Je faisais une moue plus ou moins boudeuse lorsqu'il évoquait ce projet, mais j'opinais pour lui faire plaisir et surtout parce que je savais, au plus profond de moi, qu'il ne tarderait pas à aller voir d'autres horizons. Je ne m'étais pas trompée puisque lors de notre prochaine rentrée des classes, il m'a fait la tête parce que je n'avais pas atterri dans la même école primaire que lui. Je crois même qu'il avait pleuré, et moi j'avais essayé de le rassurer en sachant pertinemment que ça ne ferait rien. Puis j'ai fini par le rayer de mes souvenirs, refoulant tous les sentiments d'attachement que j'avais pu éprouver pour lui afin de ne pas en souffrir. Après tout, je n'étais qu'une môme, et cette séparation ne fut pas un problème pour moi.
Le second jeune homme qui aura fait basculer ma vie de fillette fut Steven. Un prénom qui m'avait beaucoup plu à cette époque là. C'était un damoiseau au physique pas forcément avantageux, mais dans lequel j'avais déniché quelques détails qui m'avaient plu et qui, inéluctablement, m'avaient fait succomber. Cependant, je ne lui avais jamais accordé une grande attention. Pour que je daigne le voir en tant qu'amoureux, il fallut que notre maîtresse de l'époque, nous demande d'aller chercher des papiers administratifs ensemble. Je crois qu'il s'était proposé de m'accompagner. J'avais été désignée de force comme déléguée, parce que mes résultats scolaires étaient plus que convenables, alors inéluctablement, j'étais contrainte d'aller chercher quelques paperasses qui allaient être transmises à mes camarades. Pour ce qui était de Steven, en tant que mâle, il devait me protéger contre les éventuels agresseurs qui auraient perturbé ma traversée de notre établissement scolaire. A la place de ça, tandis que nous arrivâmes en haut d'un escalier, il me prit doucement par la main et m'incita à m'adosser contre le premier mur qui vint. Puis il se pencha et déposa un doux baiser sur mes lèvres de couche-culotte. Rien qu'en écrivant ce passage, je souris parce que je me souviens des réactions de mon corps à ce moment là, et plus particulièrement les battements de mon coeur qui s'étaient accéléré non par amour mais plutôt par stupéfaction. A partir de là, j'ai considéré que le Monsieur voulait que je sois sa femme, alors je l'ai suivi aveuglément, finissant par jalouser toutes les autres filles qui s'approchaient de lui. Au bout du compte, je m'étais montrée tellement paranoïaque, cependant soutenue par Célia, mon ancienne meilleure amie de l'époque, qu'il m'aura tout simplement laissée tomber après m'avoir volé mon plus beau baiser, puisqu'il s'agissait du premier sur mes pétales de rose. Chaste et pudique. Léger mais suffisamment long pour me procurer toutes les sensations qu'un bisou normal peut conférer. Maintenant, je ne pourrais décrire cette vague d'émotion qui vous traverse lorsque quelqu'un vient apposer son sceau sur vos lèvres. Depuis Steven, je n'ai plus jamais eu l'occasion de m'unir à qui que ce soit, car entre temps, j'ai changé d'école et puis, je ne me montrais jamais intéressée par les garçons.
Enfin, le troisième garçon qui m'aura tout simplement traumatisée fut Geoffrey. Je le rencontrai lorsque j'entrai dans ma première école catholique, l'externat Saint Joseph, qui me fit connaître une lourde période de mal-être. C'était l'époque où mon corps commençait à grandir plus vite que mon esprit. J'étais en CM1, et Geoffrey prenait un malin plaisir à me torturer psychologiquement, en émettant les pires insultes qu'il soit, sans oublier les belles images obscènes qu'il superposait sur mon beau visage angélique, sous prétexte que j'avais des attributs plus développés que les autres filles, sans que cela ne fut réellement désiré par ma personne. J'en pleurais jour et nuit, et il n'y avait que ma chère et tendre Manon pour me faire oublier ça, en chantant du Lorie : "Car je resterai, ta meilleur amie. Je serai là, toujours pour toi. N'importe où quand tu voudras." Le genre de phrases qui même chantées, eurent le don de me remonter le moral. Cependant, j'appris bien plus tard de la bouche d'une certaine Fidji que le comportement abject de Geoffrey se justifiait par l'affection démesurée qu'il avait pour moi, et que je trouvai bien cruelle avec du recul. Je lui en voulais, car si il s'était obstiné à faire le malin devant ses copains, c'était pour la simple et bonne raison qu'il avait honte de m'aimer, moi la vache à lait qui essayait désespérément de cacher ces choses immondes qui faisaient d'elle une petite femme. A ce moment là, je me mis à cultiver une certaine méfiance auprès des garçons, d'autant plus que la majeure partie d'entre eux, à l'occasion de mes années de CM1, de CM2 et de collège, se permirent de m'imaginer dans des situations plus que grivoises. J'étais un fantasme pour eux, à un point tel que je vins à me détester et à m'effacer du reste du monde. J'avais l'opprobre dans la peau.

Cependant, si mes premiers amours enfantines furent majoritairement hétérosexuelles, je n'ai jamais nié apprécier la compagnie féminine dans un contexte autre que l'amitié. Pas seulement à cause de ma curiosité, mais surtout parce que je me sens rassurée auprès de ces jeunes femmes épanouies qui me câlinent, qui me disent qu'elles m'aiment bien que ce soit amicalement parlant, mais qui de ce fait m'offrent une assurance qui me manquait. Laura fut de celles qui me permirent d'aimer davantage les douceurs saphiques, qui bien que se limitant à de piètres baisers, me firent connaître un territoire inexploré que j'aurais aimé découvrir plus tôt. Et je ne sais même pas pourquoi j'ai écrit tout ça. Certainement parce que je m'assume davantage de jour en jour, et que je n'ai pas honte de l'être que je suis en train de devenir. Cependant, en dépit de toutes ces découvertes qui peuvent paraître exagérées mais qui se sont en fait déroulées dans un contexte plus que doux et poétique, j'érige les barrières de la pureté pour me protéger des autres. Quelques fois, me dissimuler derrière la gamine que les autres pensent voir en moi, me permet de regarder insidieusement sans qu'une tierce rencontre ne craigne mes séances d'observation et d'apprentissage de l'existence.

Ainsi se résument les Amours de ma Vie. 

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06 octobre 2009

Exister, ça fait du bien

On_The_Road_by_monislawa

Je m'excuse pour le temps qu'aura mis cet article à arriver, mais il faut dire que ces derniers jours, j'étais plus préoccupée par le lycée que par la mise à jour de mon blog. Cependant, trop coupable de ne pas avoir laissé d'écrits ici, je me suis dit que frauder ne me ferait pas de mal, et puis ça me fait penser à lorsque j'étais au collège, et que j'étais trop immature pour répartir mon temps de travail et mon temps d'amusement. A l'époque aussi, j'avais perpétuellement besoin de décompresser, parce que je ne faisais pas ce qui me plaisait, et surtout parce que j'éprouvais un besoin insatiable de m'enfermer dans ma bulle pour ne plus avoir à entendre les gens poliniquer sur ma petite personne. Finalement, le temps a bien fait les choses, notamment sur mon apparence que j'apprends à aimer, en l'entretenant comme il se doit. Quand les personnes qui m'ont connu des années auparavant me regardent aujourd'hui, et viennent à me détailler de la tête aux pieds, elles réalisent à quel point j'ai changé, et ça me fait bien plaisir puisque c'est dans le sens positif du terme. Je pense que si je ne me serais pas reprise en mains, je me serais maudite à un point tel que j'en aurais voulu au monde entier. Mais récemment, j'ai aussi pris conscience du fait que je me suis intégrée, et que j'ai acquis une spontanéité qui me fait sortir de ma coquille, et qui permet à mon prochain d'avoir envie de me connaître. Evidemment, c'est un travail qui se fait avec le temps, et uniquement dans la mesure où l'autre est intéressé par ce que je dégage, car autrement, il est hors de question que je porte un masque, me mentant et trompant ainsi les autres. Non, aujourd'hui je suis fière d'être acceptée pour ce que je suis, avec mes défauts qui font de moi un personnage faussement espiègle qui joue avec ses taquineries pour établir une approche avec autrui. Je ne suis plus enténébrée dans une sorte de mutisme qui semblait me sommer de ne pas parler, au risque de dire une bêtise. Je n'avais aucune confiance en moi, je n'étais pas du tout à l'aise dans mon corps. Au final, ça peut paraître stupide, mais il m'a fallu perdre cinq kilos durant mon année de seconde pour me plaire. J'aime bien rabâcher cette histoire, car lorsque j'étais petite, je crevais d'envie d'être aussi filiforme que toutes ces nanas qui se pavanaient autour de moi. Et en grandissant, je suis entrée dans une "normalité" qui me convient. Les mauvaises langues trouvent à dire que je suis un peu cinglée sur les bords de me trouver encore un peu trop formée, mais ce n'est que pour mieux m'entendre dire que je n'ai pas de quoi me plaindre, et que par conséquent, il faut que je reste telle que je suis.

Par ailleurs, durant cette année de Terminale, je me suis rapprochée de personnalités qui avaient attiré mon attention l'année précédente, mais avec qui je n'avais pas osé briser la glace, car je me pensais trop "sage" à côté d'elles, pour me permettre de m'incruster dans leur groupe. Au bout du compte, ce sont elles qui sont plus ou moins venues vers moi. J'ai une petite pensée pour Johanna, que j'affectionne énormément pour son originalité, et surtout pour sa façon de penser que je trouve irrésistiblement attachante car elle vient réellement d'elle. Elle n'est pas régie par une opinion commune, et sans vouloir exagérer, je vous le promets, quand je l'entends exprimer son idée sur un sujet quelconque, j'ai envie de fondre tellement c'est agréable de sentir qu'une personne sait réfléchir avec ses propres neurones, et non avec ceux des autres qui ont pondu une théorie qui, passée de bouche à oreilles, aura finalement perdu tout son intérêt. J'aime aussi Johanna pour l'affection qu'elle me donne, et en fait qu'elle octroie un peu à tout le monde. C'est une jeune fille qui sait se démarquer et qui n'en est que plus plaisante à mon sens. Viennent ensuite Frédérique et Adeline, que j'adore pour leur côté excentrique. Et je m'arrêterai plus particulièrement sur Sophia, ma Sophia qui est devenue une autre de mes Femmes spirituelles et que j'apprécie à sa juste valeur, parce que quoiqu'elle puisse dire, ses rondeurs ne la rendent que plus resplendissante. Je ne comprends pas cette anorexie permanente, qui pousse toutes les jeunes filles de mon âge à vouloir atteindre une soi-disant perfection qui réside dans la minceur voire, dans certains cas maladifs, de la maigreur morbide. Pendant un temps, j'étais inscrite sur un serveur de blogs que j'ai testé mais que j'ai finalement quitté, et sur lequel il n'y avait que des journaux intimes et alimentaires d'anorexiques mentales et de boulimiques vomitives. C'est à ce moment là qu'on se rend compte que l'influence de cette image que la femme doit respecter dans notre société, est très importante à un point tel qu'elle ramollit le cerveau de ces pauvres demoiselles qui se font prendre dans un cercle vicieux. Après, je sais que c'est une réelle maladie, un problème psychologique, un trouble du comportement alimentaire comme ils disent. Mais je les trouve désespérantes quand elles disent que la maigreur est une "perfection", alors qu'il s'agit en fait d'une abomination. En revanche, je peux comprendre que le reflet qu'elles possèdent d'elles-mêmes soient complètement déformés, mais j'en veux à la société d'avoir véhiculé l'image d'une femme sans formes, et donc peu charmante avouons-le, qui me donne plus l'impression de mourir de faim que d'être heureuse dans sa minceur tant travaillée. Tout ça pour dire que ma grande Sophia, je l'encourage à s'aimer parce qu'elle est d'une authenticité qui l'embellit, sans compter que la protection et l'attention qu'elle me porte, me font du bien. C'était ce qui me manquait. Et tout ce que je n'avais plus eu l'occasion d'apprécier, je peux le savourer en compagnie de ces personnes.

Ah et sinon pour la fameuse dissertation de français que j'avais censément ratée, j'ai envie de rire en écrivant que j'ai eu un joli 14, soit la meilleure note de la classe. Bon, il n'y a pas non plus de quoi être fière mais je trouve que c'est déjà pas mal, mais il ne faut pas chercher, de toute façon j'en demande toujours trop envers moi-même, surtout en ce moment que je connais une grosse période de paresse. Hé oui, depuis vendredi j'ai tendance à me laisser un petit peu aller, à réviser lentement mais sûrement, à faire mes devoirs sans être réellement absorbée par ce que je fais. Je n'ai pas non plus spécialement envie de poursuivre mes romans, bien que les idées continuent de trotter dans ma tête, et je peux vous dire que je ne suis pas en carence de ce côté là. Cependant, je me sens molle, tout le temps fatiguée en dépit des bonnes nuits de sommeil que je fais. Je pense que ce n'est qu'une petite passe, et puis je considère que je peux me reposer un peu avec ce qui nous attend. Déjà que ce matin nous avons subi quatre heures intensives de dissertation en histoire, ça mérite bien un instant de répit, et croyez-moi, nous en avons bien profité. Pas plus tard que samedi, Maéva qui est une camarade de ma classe a fêté ses 18 ans, et pour marquer encore une fois l'arrivée de cette nouvelle année, Pauline qui est donc l'une de ses amies intimes, lui aura organisé un petit goûter tout ce qu'il y a de plus simple avec le reste de notre Terminale. Notre professeur principal qui je le rappelle est aussi notre professeur de philosophie, a accepté de nous laisser cette pause pour nous laisser nous remettre de nos émotions, lesquelles ont été engendrées par notre dure matinée, et nous avons sorti notre myriade de paquets de bonbons qui ont tous été finis pour la plupart. Il faut dire qu'avec 34 personnes, le compte était vite fait. Quant à moi, je me suis pris six petites friandises de rien du tout, histoire de ne pas rester en plan par rapport aux autres qui faisaient véritablement la fête aux fraises Tagadas et autres douceurs gustatives. Nous avons discuté de tout et de rien, pris des photos pour immortaliser cette festivité qui restera ancrée dans nos mémoires, et surtout, Fred a eu l'honneur d'offrir son magnifique portrait de Maéva dessiné par ses soins à la principale concernée. Il n'y a pas à dire, il a des doigts de fée, et il faut aussi avouer qu'il a été aidé par la génétique puisque d'après ce que j'ai compris de la bouche de je ne sais plus quelle copine, que son père est lui-même artiste et qu'il vend des tableaux à des personnes plus ou moins proches de sa famille, voire à de simples clients qui souhaitent posséder une de ses oeuvres. Son talent semble s'être calqué sur la personnalité de sa progéniture, qui sait y faire avec ses crayons, et qui me fait tout le temps rêver lorsqu'il poste de nouvelles merveilles visuelles dans son album photos Facebook.

Notre périple de six jours en Hongrie et qui se déroulera dans le courant du mois de février commence à prendre forme, mais avant de pouvoir être sûr de le vivre dans des conditions optimales, notre professeur sollicite notre aide. Le vendredi 23 octobre, nous participerons à un dîner cent pour cent philosophie, et dont le repas est en fait un mets traditionnel hongrois qui sera agrémenté de lectures de textes faites par les élèves de ma classe. Par ailleurs, ce sont ceux du bac professionnel d'hôtellerie, qui s'occuperont de nous concocter de délicieuses assiettes que les invités se feront probablement un plaisir de goûter voire de déguster. En ce qui me concerne, notre enseignant m'a proposé de faire entre chaque lecture de texte, une démonstration de flûte traversière pour que les intermèdes ne soient pas vides. Il m'a donc demandé si il était possible que je fasse don de mes soi-disant talents dans cette discipline, pour animer le dîner et donc le rendre plus attrayant. Evidemment, face à ses petits yeux rieurs et désireux de réussir ses projets, je n'ai pas pu résister et j'ai accepté, sans que ce ne soit à contrecoeur. En fait, je me réjouis d'avoir une certaine importance dans cette initiative qui vise à récolter des fonds pour que notre voyage à Budapest se passe comme sur des roulettes, et donc sans soucis financiers susceptibles de nous freiner dans nos lubies. D'autre part, à l'occasion de Noël ou de tout autre moment, nous devrons vendre des petits ours en peluche pour pouvoir là encore acquérir suffisamment d'argent pour améliorer nos conditions de voyage, ce qui sera une expérience fortement amusante. J'ose espérer que je pourrai user de mon charme ravageur (humour, humour) pour les écouler et donc ramener une bonne petite somme, en sachant qu'un certain nombre d'ours sera attribué à chaque élève, qui devra faire son petit business pour obtenir le butin demandé. Des responsabilités qui nous permettront de nous impliquer, et de donner une image solidaire de notre classe dont chaque élément aura été essentiel pour mettre en place cette immersion dans un pays auquel je n'aurais jamais pensé de toute mon existence. C'est un réel plaisir pour moi de voyager autre part que sur des contrées dont on entend souvent parler et qui, finalement, perdent de leur intérêt à force qu'elles n'aient trop été évoquées. J'espère que tout se passera bien, au même titre que cette année qui, en dépit de quelques bémols insignifiants, me semble agréable et inéluctablement réussie. Evidemment, ce n'est que le début mais je me permets de m'avancer.

Quoiqu'il en soit, la semaine précédente a été plus ou moins lourde du point de vue des études mais j'ai su m'accrocher malgré cette fichue lassitude qui me harasse. Ce n'est pas comme si j'avais plus de cinquante ans, mais je sens comme un poids qui m'empêche de me mettre à fond dans ce que je fais. Pour ce qui est de cette semaine-ci, elle a commencé joyeusement avec cette petite fête d'anniversaire où chacun ce sera senti proche de l'autre, ce qui est une excellente chose. Je retrouve cette alchimie que j'avais remarqué dans ma lointaine classe de 4ème D, dans mon ancien établissement scolaire, et au sein de laquelle j'avais noué certains liens qui sont toujours d'actualité. Naturellement, la distance fait que certaines personnes nous manquent ou disparaissent définitivement de nos pensées, mais il y aura toujours un peu de nostalgie pour nous rappeler qu'elles ont existé.

Posté par Nelyss à 18:38 - 1. Journal intime - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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